______25 decembre 1973, 22h et quelques rails de poudre blanche cristallisee dans les artères. Noel. Putain les mecs, cette connerie nous vient probablement d'un mec qui devait tenir un putain de magasin de guirlandes d'occasions. Decorer un arbre achete 150 balles au casino du coin, rentrer, des cadeau plein les bras histoire de se conditionner, tenue de soiree, repas de famille, joie et gaiete au bon plaisir de la consommation. Tout ca pour quoi ? Pour finir par sodomiser sa grand-tante veuve et liftée dans les chiottes des grands parents. Noel n'est pas un jour, c'est un etat d'esprit benefique à une societe en crise permanente. J'ai amnistié ce jour de ma memoire depuis bien longtemps, quel enfant pardonnerait à un vieu barbu d'avoir perdu l'adresse de sa putain de caravane ?
______L'avantage avec cette merde, c'est qu'il peut faire effet spontanement des heures, des jours, voire des semaines après consommation. Hallucination visuelles, auditives ou sensorielles, rien ne vaut ces quelques gouttes de couleurs sur papier buvard. Canape, whisky pur sur fond de Doors concurrencé par divers chants cantiques venant de la fenetre du squat, ces memes chants me rappellant le mauvais gout de ces enfoires de chretiens en meme temps que le degout que j'eprouve envers une religion dans laquelle un demiurge anonyme né d'une pucelle a reussi a baiser la moitie de la planete en persuadant la majorite des ames faibles de croire à son existence et a sa toute puissance.
______Le seul nuage qui recouvre mon ciel embaume ces quatres murs decomposés d'un doux parfum toxique et me plonge indubitablement dans un delire nerveux, un hymne a la defonce, une priere pour notre saint père LSD, une longue chevauchee erotique le long de mon nerf sciatique qui remonterait le fil, glissant et ennivrant de ma colonne vertebrale. Ce qui m'entoure alors, ressemble à l'à peu près d'un monde que je m'invente. Le rideau froid du temps s'ecroule sur les parois de ma planète, resonnant etrangement entre mes synapses.
______Je rampe, m'accroche à l'aide de ma mâchoire au parquet parsemé de cratères tortueux jusqu'à la plaque de verglas qui recouvre incomplètement le sol à l'accoutumé adhésif de mon salon. Je mâche chaque mot comme du chewing gum et cette simple pensée me renvoie à ces publicités excessivement capitalistes glorifiant l'émanation buccale et la beauté du corps féminin en harmonie avec une nature postiche. Cette femme s'élance sur le verglas de mon salon, ses formes se mêlant à la fumée opaque de l'ultime cigarette que je porte à mes lèvres. L'unique perspective de ses seins dissimulés sous l'étoffe charbonnée de sa coiffure provoque en moi une frénésie même que je peux sentir mes membres se rétracter sans qu'aucune gêne ne vienne troubler cette masturbation mentale.
____________________________________________________Shinedown -
Second chance <3